Comprendre le PPRIF de Fréjus et Saint-Raphaël : ce que tout propriétaire doit savoir
Vivre entre l’Estérel et la Méditerranée est un privilège, mais c’est aussi vivre au contact d’un massif forestier parmi les plus exposés de France au risque d’incendie.
Pour encadrer l’urbanisation et protéger les habitants, l’État a mis en place sur nos deux communes un outil réglementaire majeur : le PPRIF, le Plan de Prévention des Risques d’Incendie de Forêt.
Voici l’essentiel à connaître, expliqué simplement.

Qu’est-ce qu’un PPRIF ?
Le PPRIF est un document élaboré par l’État (la préfecture, avec l’appui de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer du Var). Institué par la loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement, il a un objectif simple : cartographier le risque de feu de forêt sur le territoire communal et adapter les règles de construction et d’aménagement en conséquence.
Concrètement, le PPRIF s’impose au Plan Local d’Urbanisme (PLU). C’est une servitude d’utilité publique : aucun permis de construire ne peut être délivré en contradiction avec lui, et ses prescriptions s’appliquent aussi bien aux constructions futures qu’aux bâtiments existants.
Pourquoi ici, à Fréjus et Saint-Raphaël ?
Le Var est l’un des départements les plus boisés de France, et notre secteur paie un lourd tribut au feu. Sur plusieurs décennies, les incendies recensés sur la seule commune de Fréjus ont détruit plus de 4 100 hectares de forêt, soit un rythme de destruction près de trois fois supérieur à la moyenne départementale.
Le climat méditerranéen (sécheresse estivale, mistral), la végétation dense de l’Estérel et l’urbanisation diffuse en lisière de forêt créent un cocktail à haut risque.
C’est après les incendies dramatiques de l’été 2003 que l’État a prescrit 17 PPRIF dans le Var, dont ceux de Fréjus et de Saint-Raphaël, tous deux lancés par arrêté préfectoral du 13 octobre 2003.

Les dates clés
À Saint-Raphaël : le PPRIF a été approuvé le 27 juillet 2007. Il a longtemps été le seul PPRIF pleinement valide du département. Son zonage a été modifié en janvier 2009, puis le 31 juillet 2015, notamment pour tenir compte de travaux de protection réalisés sur le terrain.
À Fréjus : le PPRIF a été approuvé le 19 avril 2006, rectifié le 12 février 2009, puis modifié le 27 août 2012. Il évolue encore : une nouvelle procédure de modification a été prescrite par le Préfet du Var le 12 novembre 2025, avec une consultation du public organisée du 6 janvier au 6 février 2026, aboutissant à une modification approuvée le 1er avril 2026.
Comment lire le zonage : rouge, bleu, blanc
Le cœur du PPRIF, c’est sa carte de zonage. Chaque parcelle est classée selon le niveau d’aléa (intensité potentielle du feu) et la « défendabilité » du secteur (accès pompiers, hydrants, débroussaillement).
Les zones rouges (R) correspondent aux secteurs les plus exposés. Ce sont des zones de danger où les constructions nouvelles sont, en règle générale, interdites. Les bâtiments existants peuvent y demeurer, mais avec des obligations renforcées de protection.
Les zones bleues (B) sont des secteurs à risque modéré ou correctement défendables. La construction y est possible, mais sous conditions : mesures constructives (matériaux résistants au feu, protection des ouvertures), accès adaptés aux véhicules de secours, réserves d’eau, débroussaillement rigoureux.
Les zones B0 sont un cas particulier intéressant : ce sont des secteurs classés inconstructibles en l’état, mais qui peuvent évoluer vers un classement plus favorable si des travaux de protection collective (pistes, hydrants, coupures de combustible) sont réalisés. C’est ce mécanisme qui a conduit aux modifications de zonage à Saint-Raphaël en 2009 et 2015.
Les zones blanches, enfin, sont celles où le risque est considéré comme faible : les règles ordinaires d’urbanisme s’y appliquent.
Le débroussaillement : l’obligation numéro un
Qu’on soit en zone rouge ou bleue, le débroussaillement est l’obligation la plus importante — et la plus contrôlée. Dans le Var, un arrêté préfectoral encadre le débroussaillement obligatoire autour des constructions situées en zone exposée.
Le PPRIF peut renforcer cette obligation : à Saint-Raphaël, certaines zones identifiées au règlement imposent par exemple un débroussaillement sur une profondeur de 100 mètres autour des bâtiments, à la charge des propriétaires.
Au-delà de l’obligation légale, c’est une mesure d’efficacité prouvée : un terrain débroussaillé ralentit le feu, protège la maison et facilite l’intervention des secours.
Quelles conséquences concrètes pour vous ?
Si vous construisez ou agrandissez : votre projet sera examiné au regard du zonage PPRIF. En zone bleue, attendez-vous à des prescriptions techniques précises ; en zone rouge, le projet sera très probablement refusé.
Si vous vendez ou louez : le classement de votre bien au PPRIF doit figurer dans l’État des Risques remis à l’acquéreur ou au locataire. Le zonage peut influer sur la valeur du bien.
Si vous êtes propriétaire : vous devez respecter les obligations de débroussaillement et, selon votre zone, réaliser certains travaux de mise en protection de votre habitation.

Où consulter le PPRIF de votre parcelle ?
Consultez la carte d’accès aux massifs pendant la période estivaleArticle informatif rédigé à partir des documents officiels de la préfecture du Var. Les zonages et règlements évoluant régulièrement (dernière modification du PPRIF de Fréjus approuvée en avril 2026), vérifiez toujours la version en vigueur avant tout projet.

